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  lola.jpgQuatrième de couverture :

 

  Emile est morte, Emile est en train de mourir, son corps à 33°, victime de mort subite, dans un café elle est tombée. La narratrice, une danseuse qui ne danse plus, raconte son amie, sa presque soeur dont le coeur s'est arrêté. Liées toutes les deux par une expérience muette, un viol qu'elles ont subi , et une passion silencieuse, la danse classique, voilà deux ans qu'elles vivent au ralenti, endormies de peine et d'impuissance dans un pays grignoté de violence répressives après une Élection.
  Alors, mettant fin à ce sommeil, surgit une "Petite Fille au Bout du Chemin". Telles des voleuses de feu, elles iront reprendre la nuit, acharnées à ne pas laisser "les rois barbares", quels qu'ils soient, leur "couper les nerfs" ...
Un conte insurrectionnel où l'esprit de révolte le dispute à la poésie et dont la morale pourrait bien être : "du danger de ne pas aller assez loin pour les oiseaux de sexe féminin".

 

Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce, de Lola Lafon, édition Flammarion, 438 p.

20 € paru le 23 mars 2011.

 

 

n539959165 735481 1957Lola Lafon, jeune écrivaine qui nous offre là son son troisième roman, après Une fièvre impossible à négocier en 2003 et, De ça je me console en 2007.  

 

Lola Lafon, jeune musicienne, a sortis son premier album avec pour titre : "Grandir à l'envers de rien" en 2006. 

Son deuxième album, "Une vie de voleuse" est parus le 3 mars 2011.

 

Lola Lafon, c'est donc une jeune artiste à lire, à écouter, à voir - à découvrir d'urgence !!

 

Une de ses particularités, c'est que nous retrouvons des paroles du CD dans l'histoire du roman !

Où, autrement dit, nous retrouvons des passages de son roman dans les paroles de l'album ...

L'un ne vas pas sans l'autre et/où inversement. Je trouve ça très intéressant, et si peu courant !

 

 

De cette lecture de se roman comme de l'écoute de l'album, impossible de rester insensible !

 

  Lola Lafon a la parole franche et le regard désabusé des observateurs circonspects de la marche du monde. Ses textes sont puissants et politiques, avec une pointe d'humour amer qui aiguise la révolte en l'habillant de recul. Les textes de Lola Lafon sont magnifiques, sans chercher l'esbroufe ou la posture. Directs et Volatiles.

C'est le moment de prendre votre envol. Stéphane Hessel pose pour titre, "indignez-vous" ou "engagez vous".

J'ai envie de dire que Lola Lafon va plus loin. Elle pose la nécessité de se révolter et nous annonce de prendre notre envol avant qu'il ne soit trop tard ... avant la tempête !

 

Ma question, quel oiseau es-tu ? Mon autre question, quelle tempête vois tu ??

La réponse est poétique, "Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce". Le titre est emprunté à un poème de Voltairine de Cleyre, une féministe et anarchiste américaine de la fin du XIXè siècle.

 

"Les choses les plus inquiétantes sont celles qui nous rendent le plus joyeux".

 

  L’histoire commence avec une tempête qui ne s’arrête qu'à la dernière page.

Dès le départ, le ton est donné. Des phrases courtes, rythmées, ciselées. Trois parties constituent la lecture avec des chapitres ayant des titres ou non. Des chapitres souvent très court, d'une, deux ou trois pages. Ceci donnant, accentuant le rythme de la lecture. Lecture pas toujours facile au demeurant ! Accessible mais pas facile. Je n'ai pas réussi à partir dans une lecture rapide malgré le rythme donné ... Je me suis retrouvé à prendre mon pas dans cette lecture, mon pas de danse qui s'est posé au fur et à mesure.

  L'auteure nous donne accès à ses connaissances de la danse classique par de très intéressantes références faisant appel à ses origines roumaines. L'auteure nous donne accès à ses valeurs, à ses combats, aux thèmes  du déracinement, de l'exil, de la violence faites aux femmes.

 

  L'histoire est bien emmenée du début à la fin. C'est donc le cri de douleur d'une narratrice qui assiste à l'agonie de sa presque-soeur Emile, dont le coeur s'est brutalement arrêté.

Elles se sont rencontrées dans un groupe de discussion réunissant des femmes victimes de viols. L'autre rencontre, c'est celle de la "petite fille au bout du chemin", repérée à la cinémathèque d'un bout de chemin ... 

 

  Les jours de ses trois femmes s'entrelacent. Trois vies au milieu d'une Élection qui viens d'avoir lieu. Trois histoires cabossées en une vision générationnelle et militante dans un désastre sécuritaire.

Je cite Lola Lafon, "Je tenais à ce que ces trois héroïnes ne soient pas, justement des héroïnes. Je voulais qu'elles soient des émeutières amateures, abordables. Des filles de rien qui s'emparent du feu."

 Écorchée à vif, rêve de révolte, l'attachement de ses trois femmes se fait étonnamment avec douceur, avec envie. Elles agissent, elles sortent de la torpeur ambiante. Elles parcourent ensemble un chemin qui parait sans limite, sans trottoir et sans notion de temps. 

Jusqu'où vont-elles pouvoir arriver ? La tempête dans des coeurs meurtris.

 

  Les pages sont remplies de mots qui font sens, qui font échos. Ode à la vie autant qu’ ode à la danse, à l’ insurrection et l’ in-descendance.

 

"Ce qui est drôle, c'est que d'un côté, ça ne va pas tellement et de l'autre côté ça va vachement bien."

 

  Ce roman presque autobiographique qui navigue entre fiction et réalité, présente à travers les traits de ces trois femmes “en résistance” un pays qu'il faudrait assiéger, sous couvert de couvre-feu et de règles qui s’approchent de ce système si français ...


Ce livre est une respiration qui comme toute respiration, à un moment, se termine nette et donne de l'air, l'air de rien !!

 

"Je peux supporter le mot mort. Mais pas autopsie. Pas fouiller jusqu'à l'obscénité de la béance, la transparence. Vouloir la gérer jusqu'à l'infini. La bitinelle."

 

 

Message pour Lola,

  Un oiseau qui "tombe" est un oiseau qui as volé, qui as transpercés les nuages.

  Je suis une pie, maintenant, ma tempête, j'y suis dedans. Dans la dynamique des vents ... je m'envole ^^

 

 

  

Extrait

"Conspirons encore Voltairine ! Redevenons des bandites fiévreuses, des enfants acharnés à ne pas rester là où on nous pose. L'époque est dure aux voleuses de feu ... Il nous faudra bien redevenir impitoyables et, sans chaque atome de plaisirs vagabonds sans jamais en payer aucun prix ..."


 

"L'immobilité n'existait pas dans la danse, même quand il semblait qu'un corps était arrêté, en réalité, l'étirement sans fin des doigts tendait légèrement vers le mouvement suivant, « il faut presque de l'air entre chaque vertèbre », tu me répétais, ravie, « de l'a-i-r-r-r » arrondissant les bras au dessus de la tête pour former une couronne raide et tordue."


 

"Mais voilà que je ne veux pas être réparée. Sauvegardée. Rafistolée pour continuer à avancer. Je ne voudrais pas qu'on colmate ce que je m’acharne à défaire, à découdre. Vois-tu, je travaille à être insauvable, irrécupérable. Aussi fugace, irrattrapable et fragile qu’un moment dans le temps. Pour ne pas offrir de prise, il me faudra rentrer en silence comme on va en résistance. Et à toute interrogation, leur répondre : je ne sais pas, je me demande, je cherche. Je dépose des questions. Je fabrique des doutes." 

 

 

 

  A noter que ce roman de Lola Lafon est en SELECTION PRIX MARIE CLAIRE 2011 et,

 en SELECTION PRIX SAGAN 2011

 

  Merci "aux prochaines minutes, puisqu'on les a".  

  Merci à ses chanteurs qui écrivent !!

 

Bonne lecture,

OliV'.

 

 

Cette vidéo explicative sur son dernier album, Une Vie de Voleuse.
et , cette vidéo pour le discours en citation de Victor Hugo 
bella ciao
Tag(s) : #livre - roman

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