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Et voilà l'Afrique, mon brave Milou...

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Publié pour la première fois en 1931, cet album Tintin au Congo d'Hergé (1907-1983) est une bande dessinée dite historique. Or, ce volume défraye l'actualité d'aujourd'hui : bibliothèque suédoise refusant d'avoir Tintin au Congo dans leurs fonds.

Cela demande presque un cours d'histoire pour bien comprendre et surtout pour ne pas se tromper.

Je ne suis toutefois pas qualifié pour faire le professeur, je vais juste tenter d'émettre ma compréhension dans un retour de lecture.

 

L'auteur belge, Hergé, a 24 ans au moment de cette première édition de Tintin au Congo. Il travaille alors pour les éditions Le Petit Vingtième. Le journal est dirigé par ledit autoritaire abbé Norbert Wallez (1882-1952) dont la ligne éditoriale est ultra-catholique et nationaliste. Plus tard, Hergé avoua que Wallez avait profondément influencé sa philosophie, sa personnalité.


Au début des années 1930, Église et anticommunisme se confondaient en Belgique et le personnage Tintin, que lui avait commandé l'abbé, devint tout naturellement un jeune reporter catholique sauveur du peuple russe contre la barbarie soviétique (Tintin au pays des Soviets)...

 

Dans l'élan d'une tradition coloniale qui le marque depuis le milieu des années 1920, Hergé décide, toujours sous les ordres de l'abbé Wallez, d'envoyer son protagoniste en Afrique, plus exactement dans la province belge du Congo. Propriété des souverains belges depuis 1908, la province congolaise est, au début des années 1930, confrontée à une pénurie de main-d'œuvre. Le symbole Tintin s'y rend, non plus pour critiquer, mais pour faire valoir la terre africaine. Et pour établir son histoire, Hergé s'est surtout documenté par le biais du Musée d'Afrique Centrale de Tervuren. La seconde aventure Tintin au Congo, est un succès retentissant dès sa sortie.

 

Hergé repris l'aventure en 1946 et ce par l'intermédiaire des éditions Casterman. Il mit l'album en couleur, le réduit de 110 planches à 62 pages et modifia l'idéologie colonialiste de l'album. Hergé redessina ainsi la quasi-totalité des images, affina les décors, redonna de la clarté au découpage et modifia les dialogues pour les rendre plus vifs. Mais la particularité de Tintin au Congo reste la même : L'album est rempli de stéréotypes de la vision du Congo par les Européens à cette époque. Il y dépeint les Africains d'une manière grotesque ou caricaturale. La polémique est lancée... delà à être justifiée et de dire que ce livre est de caractère raciste ?!...

 

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Source : le site Le monde de Tintin  

 

Autre source : Un article très complet sur mondomix

 

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Tintin, reporter du journal belge Le Petit Vingtième, part donc faire un reportage au Congo. Il est amené à combattre un gang de trafiquants de diamants à la solde de bandits de Chicago. Ça peut faire peur dis comme ça, mais notre héros Tintin et son chien fidèle, Milou vont se surpasser à coup d'ingéniosité, de débrouillardise et de culot !

 

Hérgé nous montre son personnage véritablement comme un héros type. Peut importe la situation, il s'en sortira... C'est un concept et ça marche. Au risque d'en faire un portrait très peu humble, Hergé affiche Tintin aux yeux de tous comme un messie ou un divin. C'est là que ça peut déranger... Mais ce ne sont que des scènes loquaces où l'humour est avant tout le principal moteur. Hergé met Tintin en situation de supérieur ou d'éducateur ?...

 

Le décalage entre la qualité de vie du reporter Tintin et le mode de vie quelque peu attardé des Congolais de l'époque est flagrant. Mais ce n'est pas être raciste que de dire cela, c'est ... un fait, une réalité. Et, l'incapacité de maîtriser le langage sanctionne telle une infériorité ? Rien n'est évident. Hergé s'est aventuré sur un territoire dangereux, le savait-il ? N'utilise t-il pas quelque part la bande dessinée comme un témoignage du regard que portent les Européens sur les populations indigènes ? En montrant ainsi au grand public les différences et le retard à combler... 

 

Alors, certes, il y a des passages que je n'ai pas aimés, comme la partie de chasse sauvage. Pour la beauté du geste... Je dis non ! Un problème d'époque bien que cela existe encore aujourd'hui, où de nombreux safaris sont orchestrés pour obtenir un trophée... Dites moi que ça n'existe plus !!

Le Congo, terre de mission dans les années 30, je comprends ce côté espace exotique mais bon, ce n'est pas bien quand même !!

 

Au final, Tintin et Milou s'en sortent, n'est-ce pas là l'essentiel !

Côté dessin, il y a certaines planches qui donnent l'impression de jouer au jeu des sept erreurs... J'exagère ... mais c'est sans doute du au fait de mon éducation sociétale !

Le symbolisme de la dernière planche quant à lui est très fort et résume l'essentiel du discours paternaliste colonial.

 

Bon voilà, j'espère que j'suis pas tintin !!!

Mais non... On est bien, tintin ; on est bien !

 

 

Bonne lecture,

OliV

Tag(s) : #BD auteurs français

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