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Charonne – Bou Kadir
1961-1962

Une enfance à la fin de la guerre d’Algérie
Jeanne Puchol


PRIX ARTÉMISIA DE LA BANDE DESSINÉE FÉMININE 2013

Éditions Tirésias, collection Lieu est mémoire - mai 2012 - 90 pages - 14x22 mm - ISBN : 2915293724 - 12,20€

 

J'ai encore en mémoire ma lecture des auteurs Désirée et Alain Frappier, Dans l'ombre de Charonne (©Éditions du Mauconduit 2012) et, en apprenant la nomination du prix Artémisia 2013, curieux, j'ai commandé ce livre avec un intérêt porté vers ce "Charonne"... Sans rentrer dans le débat autour de ce prix Artémisia 2013 remis au tout début de cette année, ce petit bouquin de Jeanne Puchol qui participe ici à son cinquième livre (textes ou illustrations) aux Éditions Tirésias, est juste sobre et efficace, emprunt de tact et de rigueur.

Née en 1957 à Paris, l'auteure compte à son actif une vingtaine de titres chez différents éditeurs et a illustré de nombreux récits pour la jeunesse. Dans cet ouvrage Jeanne Puchol donne un témoignage personnel en interrogeant ses parents sur les manifestations de 1962 lors de la guerre d'Algérie. En effet, on apprend qu'au moment des faits, elle souffle sa quatrième bougie et qu'elle vit rue de Charonne à Paris avec ses parents, eux qui sont d'origine pieds-noire. Nous assistons donc au vécu d'une histoire familiale marquée par le parcours de Jeanne Puchol. Et c'est fort intéressant, riche d'enseignement !

Charonne-Bou Kadir fait coïncider subtilement plusieurs types de narration. Le passé, le présent, les souvenirs, la réalité... et les chiffres. Un rythme de lecture lent où l'alternance des registres s'associent et se rejoignent et avec en filigrane la voix « off » de l'auteure.

C'est dans le style graphique que se fait la différence. Le découpage est loin d'être uniforme mais c'est intelligemment adapté. Par exemple, le Paris du début des années soixante est ériger dans de grandes cases. L'ambiance est pesante et le travail sur le clair-obscur est admirable. Quant aux planches du dialogue familial, elles ont pour base le style gaufrier. Jeanne Puchol va utiliser une sorte de code graphique pour transformer les situations en mots uniques ou associations de mots :

Dans « CHAOS », il y a « OAS ».  Dans il y a « CHARONNE », il y a « CHAOS ».

Et dans « CARNAGES », il y a « ALGERIE ». Dans « BARBOUZES », il y a « BARBARIES »...

Les voiles sont soulevés, entre non-dits, souvenirs, articles d'époques, liste des défunts, le débat est vif plus de cinquante après. Le massacre du métro Charonne du 8 février 1962, est restitué avec brio par Jeanne Puchol dans le contexte de son enfance coïncidant à la fin de la Guerre d’Algérie (du referendum sur l’autodétermination à la signature des Accords d’Evian).

 

Jeanne Puchol nous invite à prendre place autour d'un café afin de discuter à notre tour... Cette petite bande dessinée documentaire traite d'un sujet tragique lourd de sens, et qui me semble important à découvrir. Prenons le temps d'y réfléchir pour mieux saisir la réalité et y faire face aujourd'hui pour ce qui nous attends...

 

PS: Il y a juste une petite remarque que je me porte, par rapport au titre, je n'ai pas bien compris le pourquoi de l'espace sur le mot BOU KADIR ? ...

Sachant que Boukadir est une commune en Algérie située à 20 Km à l'Ouest de Chlef sur la route d'Oran. Anciennement, nommée Charon pendant la colonisation française...

 

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Quelques liens :

Une interview de Jeanne Puchol est sur le site d'Actua BD : http://www.actuabd.com/Jeanne-Puchol-Charonne-Bou-Kadir

Le site de Jeanne Puchol : http://jeanne-puchol.blogspot.fr/

Un article ici : http://www.joel-jegouzo.com/article-jeanne-puchol-charonne-bou-kadir-105535335.html

Un autre ici : http://www.unidivers.fr/charonne-bou-kadir-jeanne-puchol-enfance-guerre-algerie/

La chronique du 9 : http://www.du9.org/chronique/charonne-bou-kadir/

Le blog de l'association artémisia: http://associationartemisia.blogspot.fr/

Le site du comité Charonne : http://www.charonne.org/

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Bonne lecture - OliV

 

©Tirésias 2012 Puchol

©Tirésias 2012 Puchol

©Tirésias 2012 Puchol

©Tirésias 2012 Puchol

Janvier 1961 : le référendum sur l'autodétermination en Algérie est approuvé à une large majorité. En février, l'Organisation Armée Secrète (OAS) voit le jour et se lance dans une campagne d'attentats sanglants. Des deux côtés de la Méditéranée, la guerre devient franco-française. En métropole, elle culmine avec les plasticages du 7 février 1962 et la répression de la manifestation au métro Charonne, le lendemain. En Algérie, elle voit s'affronter membres de l'OAS et « barbouzes ». Pourtant, le 18 mars 1962, les accords d'Evian sont signés.
Née à Paris, Jeanne Puchol a alors quatre ans. Si elle ne se souvient pas directement de ces événements, elle est cependant dépositaire de récits familiaux liés à la période, à l'engagement de ses parents pour l'indépendance, et à leur ascendance pied-noire. En reconstituant les principaux épisodes de ces quelques mois, en les confrontant à la mémoire sur la violence extrême de cette fin de conflit. Elle redécouvre aussi les incidences qu'ont eues les faits sur son propre parcours.
A mi-chemin de la bande dessinée et du texte illustré, tour à tour documentaire et introspectif, l'ouvrage entrecroise évocations des derniers mois de la guerre d'Algérie, témoignages de proches, reportages sur la mémoire des victimes et souvenirs d'enfance.

Quatrrième de couverture

Tag(s) : #Jeanne Puchol, #Edition Tirésias, #Guerre d'Algérie, #Charonne, #Prix Artémisia

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