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On raconte dans les couloirs du monde de la BD que Daphné Collignon aime les poissons ! Mais pas n'importe lesquels... Il y a les mythiques Coelacanthes (©Vents d'Ouest 2006 et 2007), et il y a donc aussi une certaine et magnifique Sirène (©Dupuis 2013) !!

Daphné Collignon est cette auteure exploratrice des temps modernes. Sensible, elle partage en partie Le rêve de pierres (©Vents d'Ouest 2004). Capable de se faire Correspondante de guerre (©Soleil Productions 2009), elle est amoureuse autant des contrées que des fonds marins. Et, En chemin elle rencontre... (©Des Ronds Dans L'O - Amnesty International 2009) de nombreuses cultures comme elle croise de nombreux Destins (©Glénat 2010). Bref, Daphné Collignon respire le médium BD pour se laisser transporter par les vagues des pages comme un poisson utilise ses branchies pour extrayer l'oxygène de l'eau. Et ça marche ! La preuve, la voici Sirène !!

 

Sirène, est vendu comme un one-shot. Il est aussi une suite et (presque) fin des deux titres de Coelacanthes (1- Noa ; 2- Emma). Donc, les lire au préalable, c'est mieux, mais sinon, cela n'empêche pas la compréhension de ce troisième album qui pourrait porter le prénom du personnage principal, Magda. Mais Magda, n'est pas notre Sirène, alors, qui est-elle ? Magda, ou la Sirène ?? C'est un peu le jeu de la question : qui est qui ?!... le jeu de la vie...

Je peux commencer par tenter de vous présenter Magda. Elle est une femme soucieuse, marquée pour toujours. C'était un soir où tout à commencé. Elle voudrait oublier, mais elle ne fait que se souvenir. Sans cesse, une musique, un chant lui trotte comme une histoire qui n'a ni commencement, ni fin. Et pourtant, poussée par le désir, elle cherche à quel moment elle l'est devenue, enceinte ! La rencontre avec son homme, Nour, remonte à deux ans maintenant. Mais aujourd'hui, c'est différent. Elle est venue le rejoindre en laissant tout derrière elle. Il vit au Maroc, ce pays aux grands espaces et plein de lumière. Et Magda se questionne, vivre au pays, avoir cet enfant hors mariage, c'est trop d'un coup. Mais rien n'arrive par hasard et la vie a besoin d'être appelée.

Alors, que faire, se laisser bercer par le flot de la vie, « Comme une plante aquatique est balancée par les vagues, sensible à chaque mouvement »...

C'est une rencontre qui apportera, certes, autant de questions que de réponses, mais qui va tout changer, tout bousculer. Une rencontre née sous le signe de la confrontation. Une jeune fille très énigmatique va accompagner la quête intérieure de Magda. L'incompréhension règne dans l'échange entre les deux jeunes femmes. L'angoisse, la peur, la violence, où comment être en prise aves les fantômes de sa propre existence... Retrouver ce chant est devenu le plus important. Mais c'est un cri qu'elle va entendre comme si c'était écrit, allez comprendre !!

 

Daphné Collignon délivre un récit introspectif, personnel, identitaire. Dans ces paysages marocains qu'elle connait bien pour y avoir vécu, elle tisse et dresse sa presque propre histoire. Ce scénario, dessin et couleurs de Daphné Collignon est un plongeon vers le bonheur. Entre songe et réalité, ce bonheur n'est pas un rêve, il existe. Il est raconté ici, en mots et en images, c'est un chant qui sonne bien, de toute beauté.

Le scénario alterne entre carnet de voyage, voix off, passage onirique, situation nocturne, situation marine et terrestre, le tout pour suivre une voix, un chemin un peu tortueux mais qui coule de sens. La reflexion sur " donner la vie ", ce commencement qui se termine, cette souffrance, ce bien être, n'est pas qu'une voix de femme, c'est aussi et tout simplement notre histoire, quelque part...

Le dessin est juste magnifique. Les paysages marocains sont somptueux et incitent au voyage. Il y règne une alternance quasi magique entre le réel et les symboles provocants la contemplation. On se retrouve parfois face à des tableaux de calligraphie arabe, il y a un peu de cette référence avec Habibi de Craig Thompson...

Que dire des personnages, ils sont comme envoutant ! Expressif, attirant, typique, typée... La couleur n'est pas en reste. Entre ombre et lumière, entre terre et mer, les éclats ressortent et sont comme cet être mythique moitié femme, moitié poisson... Au noir et blanc se succède les différentes palettes de coloris mis en gouache. Il y a de l'influence de Pierre Duba, que cela ne m'étonnerai pas !

Bref, ne craignez plus de vous faire posséder par une Sirène ! Lisez là !!

 

Les cliques et les claques :

L'article sur ligneclaire.info

La musique de David Fournol

Un chant de sirène sur achacunsalettre

La présentation marine d’Elsa dans ses carnets

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Sirène, Daphné Collignon - Dupuis, mai 2013 - 72 pages, 14.50€ - ISBN : 9782800159119


Ma participation avec les participants,
chez Mango pour la Logo BD Mango bleu.

 

Bonne lecture, OliV'


©Dupuis 2013 Collignon - Couverture

©Dupuis 2013 Collignon - Couverture

©Dupuis 2013 Collignon - planche page 27

©Dupuis 2013 Collignon - planche page 27

©Dupuis 2013 Collignon - planche page 10

©Dupuis 2013 Collignon - planche page 10

dédicace de Daphné Collignon - La comédie du livre - Montpellier 2013

dédicace de Daphné Collignon - La comédie du livre - Montpellier 2013

Chanter c'était comme me cogner aux choses, aux êtres, aux émotions. Comme lancer un radar pour comprendre un peu mieux la forme du monde - laisser se perdre un flot dans l'océan créer une vague - un remous - il fallait que je sente mon espace pour avancer dans un scaphandre, protégée par ma voix ; c'était ça ou trop sentir, trop voir, ricocher sans cesse contre la vie des autres.

Tag(s) : #Daphné Collignon, #Dupuis, #BD du Mercredi

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